STYLE RENAISSANCE

LOUIS XII 1498 - 1515

FRANÇOIS I er 1515 - 1547

HENRI II 1547 - 1559

FRANÇOIS II 1559 - 1560

CHARLES IX 1560 - 1574

HENRI III 1574 - 1589

HENRI IV 1589 - 1610

                                                                                   Le style Renaissance apparaît en France tout à la fin du XV ème siècle. Il se forme, atteint son apogée et reste en vogue durant tout le XVI ème siècle.

ORIGINES

                                                                                   Les intérieurs italiens éblouissent les Français pendant les campagnes de Lombardie et du Milanais. En 1495, Charles VIII ramène d'Italie une équipe d'artistes et d'ouvriers ; il les installe à Amboise. C'est le départ de la Renaissance française avec l'Ecole d'Amboise.

PÉRIODES DU STYLE

1 ère période :

- Période de transition. Elle peut être située dans les trois dernières années du règne de Charles VIII (1483-1498) et la grande majorité du règne de Louis XII (1498-1515). Charles VIII fait construire la château d*Amboise et Louis XII le château de Gailion.

2 ème période :

- Période d'inspiration italienne. Nous pouvons la situer entièrement dans le règne de François 1er (1515-1547). C'est la période des Châteaux de la Loire ; Blois, Azay-le-Rideau, Chambord.

3 ème période :

- Période classique inspirée de l'Antique. Elle se chevauche avec la précédente puisque le prélude en est marqué par la construction de la cour ovale de Fontainebleau en 1531. Mais c'est Henri II qui voit l'apogée de cette période, avec la reconstruction du Louvre par Pierre Lescot le château d'Anet par Philibert Delorme.

4 ème période :

- Fin de la Renaissance en France. C'est le règne de Charles IX (1560-1574) et celui d'Henri III (1574-1589) dont le donjon du château de Valençay dans l'Indre marque bien I'époque ainsi que la petite galerie du Louvre. Il nous reste très peu de monuments de cette époque, les Tuileries furent détruites en 1871 ; mais il nous reste les recueils d'architecture publiés par Jacques Androuet du Cerceau.

CARACTÈRES DU STYLE

1 ère période :

- L'architecture reste flamboyante, le décor est emprunté à l'Italie. L'arc est en anse de panier ou en accolade, cintre de l'art Roman réapparaît.

2 ème période :

- Déjà avec le château de Gailion (Eure) la façade est transformée. Les fenêtres sont à meneaux et s'étagent encadrés de pilastres. Plus tard cet étagement se termine par une lucarne comme à Azay-le-Rideau et dans la plupart des châteaux de la Loire. Puis les pilastres disparaissent et font place à des colonnes. C'est déjà l'Antique qui inspire nos architectes. Les façades sont mouvementées contrairement aux façades italiennes très plates. Les toitures sont très importantes (Chambord), alors qu'en Italie les bâtiments sont recouverts de terrasses. Les éléments d'architecture du Moyen-Age se retrouvent transformés en décors élégants et légers. Le château d'Azay-le-Rideau nous en donne le type, parfait avec ses tourelles à petites fenêtres qui simulent le chemin de ronde.

3 ème période :

- Elle est provoquée par l'étude des Arts Antiques Gréco-Romain. L'Ecole de Fontainebleau fait suite à l'Ecole d'Amboise, L'architecture est noble et sévère. Les ordres sont employés et superposés s Portique du château d'Anet (conservé à l'Ecole des Beaux-Arts à Paris) on abandonne l'échelle humaine pour le système modulaire, mais on conserve les toitures compliquées et les lucarnes de la période précédente. L'apogée de cette époque est marquée par la colla boration des architectes Pierre Lescot et du sculpteur Jean Goujon dans la construction d'une aile de la cour carrée du Louvre (1549-1556).

4 ème période :

- Philibert Delorme surclasse nettement les architectes de l'époqu., Malheureusement il ne reste que très peu de chose de son Palais des Tuileries qui fût son chef-d'oeuvre. Il essaie de composer un ordre français ; la colonne à tambours. Mais il meurt en 1570. Jean Goujon étant huguenot s'était expatrié en 1562 après le massacte de Wassy qui déclencha les guerres de religion. Ce fût alors la décadence de la Renaissance. Tout devient lourdeur par une ornementation très chargée. Les bossages, les refends, l'emploi de la brique et de la pierre annoncent le style Louis XIII.

ORNEMENTS

                                                                                   Les ornements de la Renaissance sont :

- soit des ornements conservés du style flamboyant. Le dais reste aussi chargé et aussi compliqué que dans le style flamboyant. Les tourelles sont la réplique des donjons du Moyen-Age. De petites fenêtres remplacent les créneaux

- soit des ornements empruntés à la Renaissance italienne : le pilastre : c'est une bande verticale saillante décorée de sculptures (plumes culots de feuillage) et encadrant un élémentd'architecture portes ou fenêtres. Les rinceaux : ce sont des enroulements de branchages garnis de feuillages, de fleurs. Les grotesques sont des motifs italiens inspirés des décors antiques trouvés dans les grottes à Rome au XV ème siècle. Les grotesques n'ont pas d'axe de symétrie, on y trouve des vases, rinceaux, coquilles, cor nés d'abondance et souvent des figures fantastiques et bizarres, corps à enfants nus se terminant en feuillage, dragons, satyres et amours. L'arabesque : motif symétrique composé de rinceaux d'entrelacs. l'axe est souvent marqué par des vases reliés entre eux par une tige verticale. Les balustres dits à double poire.

- soit des ornements tirés de l'Antique. Les chapiteaux bien que tirés de l'Antiquité, en sont souvent très éloignés, ils sont pleins de fantaisie. Dans le chapiteau de Chambord, aux emblèmes de François 1er, ce sont, des salamandres qui remplacent les volutes du chapiteau ionique. Dans d'autres exemples, les volutes sont placées à l'inverse. Les médaillons, inspirés des médailles antiques, sont ornés tantôt d'un buste de profil très méplat, tantôt d'un buste de trois quarts très saillant et semblant sortir d'une fenêtre en oeil-de-boeuf. Les oves sont des décors en forme d'oeuf sculpté sur une moulure. Les rais-de-coeur, sont des ornements en forme de coeur sculpté sur une moulure. Les denticules sont des dents carrés décorant un corniche. Les coquilles ornent souvent le haut des niches.

A la fin du règne de François 1 er viennent s'ajouter à ces ornements : le cartouche: il est entouré d'entrelacs ou de cuir sorte de découpage dont certaines parties s'enroulent sur elles-mêmes. Il renferme soit une date soit des emblèmes. Lorsqu'il est nu il est dit aveugle.

Tête à bébé bouffi - Les joues sont très gonflées et font saillie sur les lèvres. Draperies - Elles tombent en plis élégants mais raides.

Sous Henri II l'ornement devient très sobre. Moulures: elles sont toujours classiques.

Cannelures : Les arabesques des pilastres de la 2 ème période sont remplacées par des cannelures.

Feuillages : Les feuillages sont toujours de chêne de laurier ou d'olivier.

Masques. Palmettes. Chutes de fruits.

EMBLÈMES DE LA RENAISSANCE

                                                                                   Anne de Bretagne, femme de Charles VIII et Louis XII a pour emblème l'Hermine ou les Mouchetures d*Hermine et la Cordelière. Louis XII : le porc-épic couronné. Louise de Savoie, mère de François 1er : un cygne transpercé. François 1 er : un F couronné et la Salamandre. Claude de France : femme de François 1 er un cygne transpercé et l'Hermine. Henri II : le H couronné avec feuilles de laurier. Diane de Poitiers, favorite d'Henri II : des Croissants entrelacés ou deux D entrelacés.

CORPORATIONS DES TRAVAILLEURS DU BOIS

                                                                                   Parmi les ouvriers ramenés d'Italie et installés à Amboise. Charles VIII avait deux menuisiers marqueteurs. Ils exécutent les stalles de la chapelle de Gailion actuellement à Saint Denis.

Sous François 1 er et Henri II, Francisque Sabec reçoit les commandes officielles. En 1550 il est à Fontainebleau, en 1552 il termine les boiseries du Château dfAnet en 1556 la chambre du Roi au Louvre. Il travaille sur les documents des architectes en vogue, Le Rosso, Philibert Relorme, Pierre Lescot. Hugues Samblin de l'Ecole Bourguignonne est reçu maître-menuisier à Dijon en 1549. On lui attribue quantité d'oeuvres bougulgnonne mais les seules oeuvres reconnues grâce à un ordre de paiement daté de 1583, sont la clôture de la Chapelle du Palais de Justice de Dijon et la porte du Serin. Cette dernière est actuellement au Musée de Dijon. Ces deux oeuvres remarquables au point de vue facture de la sculpture, nous permettent tout de même de penser qu'une grande quantité des oeuvres qui lui sont attribuées sortent bien de ses ateliers : table en éventail du musée de la ville de Dijon. Vers la fin du siècle des édits réglementent les activités professionnelles, maîtrise et apprentissage. Les menuisiers reçus maîtres à Paris, ont le droit de travailler pour tout le Royaume, Les menuisiers de province sont moins favorisés. Henri IV loge au Louvre des menuisiers en ébène, faiseurs de cabinets du Roi ils n'étaient pas tenus d'observer les règlements de la maîtrise.

Fabrication

                                                                                   Au début de la Renaissance, la fabrication reste la même qu'au siècle précédent, seul le décor change, exactement comme en architecture. Mais le début du siècle voit l'apparition de l'assemblage à coupe d'onglet. Les éléments d'une moulure vont se raccorder entre eux, au moment de l'assemblage et non plus par raccord en bois de bout sur les montants, après assemblage. Les retombées de moulure sur le glacis de la traverse inférieure sont abandonnées. L'assemblage à queues d'hironde est également perfectionné pendant la Renaissance. Pour les travaux soignés, on exécute des queues d'aronde borgnes que l'on nomme queues perdues ou queues cachées. Jusqu'à la fin du règne de François 1 er, les panneaux de remplissage sont composés d'une seule planche et de ce fait, toujours assez étroits, ce principe se démode et les panneaux s'élargissent.

MATÉRIAUX EMPLOYÉS

                                                                                   Le chêne est toujours très employé jusqu'à la findu règne de François 1 er, ensuite le noyer domine dans la plupart des provinces françaises, il permet un poli et une sculpture de tout premier ordre. De Flandre, on importe des meubles plaqués d'ébène. Sous HenriIV des menuisiers français vont en Hollande étudier cette nouvelle technique, mais c'est seulement au siècle suivant qu'elle atteindra la perfection avec Charles André Boulle. D'Italie sont importés des meubles décorés d'incrustations remplies de pâte blanche.

CARACTÈRES DU MOBILIER

                                                                                   Les menuisiers continuent à copier les architectes, nous retrouvons dans les meubles les mêmes éléments qu'en architecture. Au début de la Renaissance, la structure du meuble reste française avec un décor à l'Italienne. Les beaux meubles se répandent de plus en plus grâce à un désir de confort chez les bourgeois. Vers 1540, après des études sur place de l'Antiquité Gréco-romaine, le meuble évolue vers un style classique. En 1550, Jacques Androuet du Cerceau publie des dessins de meubles nettement inspirés de l'Antique. L'armoire et le cabinet remplacent coffres et buffets. Ces meubles prennent des caractères différents suivant les régions.

ILE-DE-FRANCE :

En Ile-de-France le cabinet est bien proportionné composé de deux corps dont le supérieur est presque toujours plus étroit que le corps inférieur. Des parties lisses, appelées repos, où seule la beauté du bois apparaît, permettent d'apprécier une sculpture sobre, en faible saillie. Souvent les panneaux sont ornés de nus élancés, aux draperies souples et bien étudiées. Nous reconnaissons là l'influence de la sculpture de Jean Goujon.

BOURGOGNE :

En Bourgogne par contre le cabinet est chargé de sculpture à forte saillie, aucun repos pour l'oeil, les sujets sont exubérants et empruntés à un monde fantastique, monstrueux : termes gainés ; griffons, chimères. Les meubles de Hugues Sambin sont d'une exécution parfaite.

LYONNAISE :

Les meubles de la région Lyonnaise concervent l'exécution parfaite de ceux de Bourgogne. Les lignes sont plus sobres, le décor est souvent constitué d'arabesques niellées. Comme dans les meubles de L'Ile-de-France, l'oeil a tout de même quelques repos qui lui permettent d'apprécier des ornements plus aérés que ceux de l'Ecole Bourguignonne.

MOBILIER DE L'ÉPOQUE

Armoire

- Elle n'apparait que dans la seconde moitié du siècle et remplace le coffre. On la distingue difficilement du cabinet. Elle est en principe à deux corps. Les plus belles sont du règne de Henri II et Charles IX.

Armoire

Buffet

- Le buffet ou dressoir est une sorte de coffre sur pieds, il sert à exposer l'argenterie.

                    Dressoir

Cabinet

- Il apparaît également dans la seconde moitié du siècle, devient très en vogue et de ce fait donne souvent son nom aux armoires et buffets de cette époque. C'est un meuble à bijoux, intérieurement garni de tissu et agencé de tiroirs. De composition architecturale, son fronton découpé n'apparaît que vers 1560. En Ile-de-France, il est décoré de sculptures méplates. Nous pouvons dire qu'une grande majorité des cabinets de l'Ile-de-France sont à deux corps, le corps supérieur plus étroit que le corps inférieur, sans toutefois considérer cette règle comme absolue. En Bourgogne, les cabinets sont très chargés de sculptures saillantes, aucun repos pour l'oeil, termes gainés aux angles, certains panneaux sont décorés de peinture et certaines sculptures recouvertes de dorure. En général, les cabinets bourguignons ont leurs deux corps de même largeur. Les cabinets sont également importés d'Italie, de Flandre et d'Allemagne. Sous Henri III ils sont plaqués d'ébène et quelquefois incrustés d'ivoire.

                 Meuble cabinet

Coffre

- Le coffre existe toujours au début de la Renaissance, ses panneaux sont constitués d'une seule planche, donc très étroits. Ils s'élargissent vers 1540, puis le coffre disparaît dans la seconde moitié su siècle.

Lit

- Il porte un ciel et des courtines de soie.

Table

- Au début de la Renaissance, les tables restent sans modification sur le Moyen-Age. Par la suite le plateau se fixe sur ses pieds et vers le milieu du siècle, la table devient un meuble très décoratif qui reste à demeure au milieu de la pièce. Un système de rallonge, sans doute d'origine Lyonnaise permet d'augmenter la longueur de la table. Par la suite, les tables comportant ce système sont nommées "tables à l'italienne".

1) Piétement architectural formé de colonnes et colonnettes

2) Piétement formé de deux motifs sculptés disposés à chacune des extrémités de la table. La forme en éventail de ces supports leur a valu le nom de table en éventail. Ce genre de piétement est une inspiration des tables antiques.

Sièges

- La scabelle est le siège pour s'asseoir à table. La selle sert pour les conversations, Le placet est un tabouret à quatre pieds gainés. Le caquetoire remplace la chaise et prend ensuite le nom de chaise à bras. Les stalles sont des chaires accouplées, placées de part et d'autre du choeur dans les églises.

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